La recherche française et l’API

À partir des 1.100 projets de recherche initialement reçus, 210 programmes internationaux ont progressivement vu le jour sous l’égide du bureau des programmes de l’API. Ces programmes vont mobiliser près de 50.000 personnes originaires de plus de 60 nations.

Parmi ces programmes plus d’une cinquantaine sont à participation française et 8 d’entre eux ont un responsable ou un co-responsable français :

  • Madeleine GRISELIN, programme Hydro-sensor-FLOWS
  • Jean-Claude GASCARD, programme Damoclès
  • Yves FRENOT, programme Concordia
  • Guillaume RAMILLIEN, programme Antarctica & Greenland mass balance by GRACE satellite gravimetry
  • Yvon Le MAHO, programme Circumpolar Population Monitoring
  • Éric FOSSAT, programme Stella Antartica
  • Kathy LAW, programme POLARCAT
  • Claude BACHELARD, programme TTAAPP-IPY 2007-08

Cette implication française dans près d’un quart des projets internationaux témoigne de la vitalité de la recherche polaire dans notre pays.

Les équipes de recherche françaises impliquées sont au nombre de 70. Elles dépendent des principaux établissements de recherche et d’enseignement supérieur au premier rang desquels le CNRS, associé aux Universités ou à des établissements comme le CEA, le CNES, l’Ifremer, Météo France, le Muséum National d’Histoire Naturelle, l’IRD. La participation française s’appuie en particulier sur les accords-cadres déjà passés entre l’Institut polaire français Paul-Emile Victor et ses partenaires étrangers et les moyens dont dispose la France à l’heure actuelle.

  • Les stations de terrain en Antarctique (Concordia, Dumont d’Urville)
  • Les stations de terrains dans les îles subantarctiques (Crozet, Kerguelen, Amsterdam)
  • Les stations de terrain au Svalbard (Rabot et Corbel)
  • Les moyens à la mer (Marion Dufresne II, Astrolabe)
  • Les moyens de traversées terrestres en Antarctique
  • Les parcs instrumentaux et les moyens aériens de l’INSU

Aux programmes intégrés à l’API, il faut rajouter ceux soutenus par l’IPEV dans le cadre de son appel à projet annuel.

Organisation Française

Un comité français pour l’année polaire internationale a été mis en place sous l’égide de l’ Académie des Sciences. Il est présidé par Claude Lorius.

L’expertise des projets est prise en charge par le Conseil des Programmes Scientifiques et Technologiques (CPST) de l’Institut polaire français Paul Emile Victor (IPEV), qui possède en son sein plusieurs experts internationaux.

Base Dumont d'Urville (c) K.Pierre - IPEV

L’IPEV assure le suivi des projets scientifiques et coordonne les aspects éducation, information et communication en relation étroite avec un Comité national mis en place par la Mission de l’Information et de la Culture Scientifiques et Techniques du Ministère délégué à l’enseignement supérieur et à la recherche.

logo_api_medium

Organisation Internationale

L’API 2007-2008 est une initiative du Conseil International pour la Science (ICSU) et de l’ Organisation Mondiale de la Météorologie (WMO).
On distingue :

  • Un Comité de coordination comprenant 12 membres nommés par l’ICSU et le WMO et 3 personnes représentant le Scientific Committee on Antarctic Research (SCAR), l’International Arctic Science Committee (IASC) et l’Intergovernmental Oceanographic Commission (IOC).
  • Un bureau des programmes en charge de la coordination des programmes scientifiques.
  • Un comité d’organisation pour les aspects éducation, information et communication.

bandeau_ipy_medium

Grands Thèmes de recherches

La participation des équipes scientifiques de plus de 60 nations s’organise autour de 6 thèmes de recherche définis au niveau international

  • Thème 1 - Prendre le pouls des régions polaires : évolution du climat, de l’environnement et des écosystèmes dans les régions polaires (incluant les océans sous les hautes latitudes).
  • Thème 2 Quantifier et comprendre les changements environnementaux et humains, passés et actuels, afin d’améliorer nos prévisions pour le futur.
  • Thème 3 - Faire progresser notre compréhension des liens entre les régions polaires et le reste de la planète, à plusieurs échelles, et des processus contrôlant ces interactions.

manchots_adelie_medium

  • Thème 4 - Étudier l’inconnu aux frontières de la science dans les régions polaires : Organisation et structure de la biodiversité polaire, marine et terrestre, à tous les niveaux trophiques, diversité génétique et diversité fonctionnelle dans les environnements extrêmes, composition et morphologie des fonds marins et de la croûte terrestre dans les régions couvertes de glaces.
  • Thème 5 - S’appuyer sur la position géographique unique des régions polaires pour mettre en place ou développer des observatoires explorant la Terre profonde, le magnétisme terrestre, l’espace et les relations du Soleil avec l’environnement terrestre.
  • Thème 6 - Étudier les processus culturels, historiques et sociaux permettant la résilience et le maintien des sociétés humaines arctiques et identifier la spécificité de leur contribution à une diversité culturelle globale.

1957-2007

50 années d’études qui ont bouleversé la manière d’appréhender les régions polaires

Après la dernière année polaire internationale les recherches se sont intensifiées avec des moyens et des technologies en constante évolution. La communauté scientifique s’est organisée au niveau des nations avec la création d’instituts ou d’organismes spécialisés et au niveau international avec la mise en place d’organisations non gouvernementales comme le SCAR (Comité scientifique pour la recherche antarctique) ou l’IASC (Comité arctique international de la science).

Avec la révolution électronique et informatique, l’utilisation de nouveaux moyens d’investigation (satellites, radar, Lidar, GPS…), de méthodes d’analyse sophistiquées (spectromètre, géochimie isotopique, géochronologie, biologie moléculaire…), de moyens de prélèvement performants (forages glaciaires et carottages sédimentaires) les avancées ont été considérables.

Ces découvertes ont transformé la manière de percevoir les régions polaires qui de terrain d’exploration sont devenues des espaces de recherches aux enjeux planétaires.

Quelques exemples de recherches, de découvertes et de réalisations qui ont marqué ces dernières années:

  • Les forages glaciaires profonds en Arctique (GRIP) ou en Antarctique (VOSTOK, EPICA) montrent une corrélation étroite entre changements climatiques et gaz à effet de serre dont la teneur n’a jamais été aussi élevée depuis 650.000 ans.
  • 1985, découverte du trou dans la couche d’ozone.de la basse stratosphère. Dès la fin des années 1980 la preuve est faite que cet appauvrissement saisonnier est lié à la présence de chlorofluorocarbones. La découverte du rôle de ces composés chimiques comme les traces de métaux lourds d’origine industrielle dans les glaces polaires, démontrent clairement que nous sommes dans un système global et qu’aucune région n’est à l’abri des perturbations d’origine anthropique.
  • 1996, découverte de l’immense lac sous glaciaire de Vostok. Depuis, études géophysiques et données satellitaires, ont révélé sous l’inlandsis antarctique l’existence de plus de 145 lacs pour lesquels se pose la question de l’existence ou pas, de formes de vie primitives.
  • Les images satellites et les observations de terrain montrent que la banquise arctique diminue rapidement avec une réduction de 15% de sa surface et de plus de 40% de son épaisseur depuis 1978.
  • Les supercalculateurs rendent possible la modélisation du climat et l’élaboration de scénarios d’avenir qui permettent de prédire l’évolution de la température pour les décennies à venir.
  • Mise en évidence dans le permafrost de grandes quantités d’ hydrates de gaz qu’un dégel pourrait libérer avec pour conséquence une très importante augmentation des gaz à effet de serre.
  • Les eaux froides de l’océan austral, riches en phytoplancton, jouent le rôle de « Puits de CO2 «  et participent à la régulation de la teneur en gaz à effet de serre de l’atmosphère terrestre
  • En gelant et en dégelant, les océans polaires contribuent aux grands courants océaniques qui ont un impact sur le climat des différents continents, mais aussi sur le cycle du carbone dans les océans et donc sur la chaîne alimentaire.
  • L’étude des écosystèmes polaires révèle des formes remarquables d’ adaptation aux conditions extrêmes et une biomasse considérable sans équivalent au monde

2005, premier hivernage à la station franco-italienne Concordia qui au cœur du continent, à près de 3.000 m d’altitude, ouvre de grandes perspectives notamment dans le domaine de l’astronomie.
la_base_franco_italienne_concordia_au_c_ur_de_l_antarctique_fullipev

Historique

Les Années Polaires internationales : des étapes marquantes dans l’histoire des connaissances

A l’origine de l’idée d’Année polaire internationale on trouve un premier effort de coopération internationale en 1874-1875 pour observer la planète Vénus lors de sa traversée du plan méridien. C’est l’année du  » Passage de Vénus « . A cette occasion la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis installent 8 observatoires dans les régions subantarctiques. C’est le succès de cette campagne qui impose l’idée d’une coopération internationale pour coordonner les recherches en Arctique et en Antarctique.

  • Lors de la première Année polaire internationale 1882-1883, 12 pays rassemblèrent donc leurs forces pour organiser cette année-là 13 expéditions en Arctique et 2 dans le Subantarctique. Les études portaient essentiellement sur le climat et le champ magnétique terrestre mais elles concernaient aussi l’astronomie, la zoologie, la botanique et l’ethnologie. Devant le succès de cette coopération, le Congrès international de physique (Londres 1895) décide d’organiser une Année polaire tous les 50 ans.
  • La deuxième API fut initiée par l’Organisation Mondiale de la Météorologie en 1932-1933 pour étudier spécifiquement les implications, au niveau mondial, des Jet Stream, récemment découverts. 40 nations s’impliquent dans les différentes campagnes et des avancées significatives sont obtenues dans les domaines de la météorologie, du magnétisme et de la compréhension des phénomènes ionosphériques qui perturbent les communications radios. Comme pour la première API les études concernaient essentiellement l’Arctique et le sub Antarctique.
  • Enfin, en 1957-1958, la troisième API se fit dans le cadre de l’Année Géophysique Internationale (AGI). Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les scientifiques souhaitaient appliquer rapidement les avancées technologiques récentes (fusées, radars…) notamment aux recherches sur la haute atmosphère. La 3ème API fut donc organisée en période d’activité solaire maximum, 25 ans seulement après la seconde. Cette fois, l’Antarctique y eut une place importante.

En fait, l’AGI fut l’occasion d’un effort sans précédent à l’échelle mondiale pour l’étude de notre planète. 61 nations participèrent aux différentes campagnes, des dizaines de navires, des milliers d’hommes, des avions sont mobilisés. Les pays coopérèrent étroitement et échangèrent leurs données scientifiques. Les décennies de recherche qui ont suivi reposent à l’évidence sur la dynamique initiée au cours de cette année. Ce fut par exemple la confirmation de la théorie très discutée de la dérive des continents, le début des mesures de CO2 , ou encore le début de la conquête spatiale avec le lancement des premiers satellites.

La recherche polaire a véritablement pris son essor à partir de cette époque. Douze nations établissent plus de cinquante observatoires sur le continent antarctique dont Amundsen-Scott (USA), Vostok (URSS) et pour la France, en Terre Adélie, Dumont d’Urville sur la côte et Jean Charcot 320 km à l’intérieur du continent. Les résultats obtenus conduisent aux premières estimations de l’épaisseur de la calotte polaire et à de nombreuses découvertes en glaciologie, climatologie et biologie.

Cet effort a été à l’origine de la signature du Traité de l’Antarctique en 1961, puis de l’adhésion au Protocole de Madrid pour la protection de cet environnement exceptionnel en 1991.

Pourquoi les pôles ?

L’évolution récente des connaissances et les questions de société essentielles que posent à l’humanité l’évolution du climat ou la protection de la biodiversité, donnent aujourd’hui aux recherches dans les régions polaires un relief tout particulier.

Les inlandsis groenlandais et antarctique qui protègent la planète de changements climatiques trop rapides, représentent 80% des ressources mondiales en eau douce.
En gelant et en dégelant, les océans polaires contribuent aux grands courants océaniques qui contrôlent l’ensemble du climat mondial, mais aussi le cycle du carbone dans les océans et donc la chaîne alimentaire.

Les régions polaires sont des témoins privilégiés des évolutions environnementales et climatiques à l’échelle de la planète. La découverte du trou d’ozone en 1980, conséquence de l’utilisation essentiellement dans les pays de l’hémisphère nord, de substances nocives pour la couche d’ozone tels les CFC (ChloroFluoroCarbones), a été en cela un révélateur : des transformations de l’atmosphère dangereuses pour l’humanité se trouvaient amplifiées au niveau des pôles et plus particulièrement de l’Antarctique.

De même, des changements climatiques majeurs pourraient entraîner des variations d’épaisseur de la calotte glaciaire avec des répercussions planétaires sur le niveau des océans.

Dès aujourd’hui, la réduction de la banquise arctique a des conséquences environnementales, sociologiques et géopolitiques importantes. À la fois témoin et acteur du climat et de son évolution, les régions polaires appellent un effort de recherche pluridisciplinaire important. Tous les scientifiques s’accordent pour penser que c’est dans les régions polaires que les changements climatiques seront les plus rapides.

Dans le débat sur le lien entre le réchauffement climatique actuel et l’augmentation des gaz à effet de serre liés aux activités humaines et notamment à l’usage des combustibles fossiles, l’étude des glaces polaires amène des éléments d’analyse importants. En effet, en forant à grande profondeur la calotte glaciaire et en étudiant ainsi des glaces de plus en plus anciennes, il est possible de reconstituer les climats du passé.

Les résultats obtenus montrent sans ambiguïté une corrélation entre évolution du climat et teneur en gaz à effet de serre. Or les concentrations de ces gaz dans l’atmosphère actuelle sont très supérieures, près de 25% pour le gaz carbonique, aux valeurs déduites de l’étude des carottes de glace des 650.000 dernières années.

Tout savoir sur l’api

Un effort international majeur pour mieux connaître notre planète

2007-2008 marquera le 125ème anniversaire de la première Année Polaire Internationale (API), le 75ème anniversaire de la deuxième API et le cinquantenaire de la 3ème API qui, les recherches concernant essentiellement la géophysique, fut appelée Année Géophysique Internationale (AGI).

Les résultats obtenus en 1957-1958 ont marqué une étape fondamentale dans l’histoire des connaissances. Ils sont à la base des recherches actuelles sur le climat ou sur la structure interne de notre planète.

En rassemblant 50 ans après, la communauté scientifique internationale autour de programmes ambitieux, coordonnés au niveau international, l’objectif du WMO et de l’ICSU est de permettre une avancée importante des connaissances sur les régions polaires, car c’est là que se trouvent une partie des réponses aux questions que l’ensemble de la planète se pose sur l’évolution de son environnement.

Travailler dans les régions polaires nécessite une logistique spécifique et des infrastructures lourdes coordonnées en France par l’Institut polaire français Paul Emile Victor. La mise en commun des moyens nationaux permet d’organiser des campagnes de grande envergure et de dresser un véritable état des lieux dans des domaines en évolution rapide

Ces campagnes se dérouleront tant dans l’hémisphère nord que dans l’hémisphère sud et participeront à démontrer le rôle moteur que jouent les régions polaires vis-à-vis du reste de la planète. Toutes les disciplines sont concernées, des sciences humaines et sociales aux sciences biologiques et aux sciences de l’Univers.

Parallèlement à ces programmes de recherche, l’API offre l’opportunité de développer un dialogue direct entre les scientifiques et le public autour de problématiques qui concernent le futur de nos sociétés et d’intéresser les jeunes aux études scientifiques. Pour cela, un effort d’information et de sensibilisation du public à l’importance des recherches dans les régions polaires sera conduit durant ces 2 années.

La recherche française et l’API

À partir des 1.100 projets de recherche initialement reçus, 210 programmes internationaux ont progressivement vu le jour sous l’égide du bureau des programmes de l’API. Ces programmes vont mobiliser près de 50.000 personnes originaires de plus de 60 nations.

Parmi ces programmes plus d’une cinquantaine sont à participation française et 8 d’entre eux ont un responsable ou un co-responsable français :

  • Madeleine GRISELIN, programme Hydro-sensor-FLOWS
  • Jean-Claude GASCARD, programme Damoclès
  • Yves FRENOT, programme Concordia
  • Guillaume RAMILLIEN, programme Antarctica & Greenland mass balance by GRACE satellite gravimetry
  • Yvon Le MAHO, programme Circumpolar Population Monitoring
  • Éric FOSSAT, programme Stella Antartica
  • Kathy LAW, programme POLARCAT
  • Claude BACHELARD, programme TTAAPP-IPY 2007-08

Cette implication française dans près d’un quart des projets internationaux témoigne de la vitalité de la recherche polaire dans notre pays.

Les équipes de recherche françaises impliquées sont au nombre de 70. Elles dépendent des principaux établissements de recherche et d’enseignement supérieur au premier rang desquels le CNRS, associé aux Universités ou à des établissements comme le CEA, le CNES, l’Ifremer, Météo France, le Muséum National d’Histoire Naturelle, l’IRD. La participation française s’appuie en particulier sur les accords-cadres déjà passés entre l’Institut polaire français Paul-Emile Victor et ses partenaires étrangers et les moyens dont dispose la France à l’heure actuelle.

  • Les stations de terrain en Antarctique (Concordia, Dumont d’Urville)
  • Les stations de terrains dans les îles subantarctiques (Crozet, Kerguelen, Amsterdam)
  • Les stations de terrain au Svalbard (Rabot et Corbel)
  • Les moyens à la mer (Marion Dufresne II, Astrolabe)
  • Les moyens de traversées terrestres en Antarctique
  • Les parcs instrumentaux et les moyens aériens de l’INSU

Aux programmes intégrés à l’API, il faut rajouter ceux soutenus par l’IPEV dans le cadre de son appel à projet annuel.

Organisation Française

Un comité français pour l’année polaire internationale a été mis en place sous l’égide de l’ Académie des Sciences. Il est présidé par Claude Lorius.

L’expertise des projets est prise en charge par le Conseil des Programmes Scientifiques et Technologiques (CPST) de l’Institut polaire français Paul Emile Victor (IPEV), qui possède en son sein plusieurs experts internationaux.

Base Dumont d'Urville (c) K.Pierre - IPEV

L’IPEV assure le suivi des projets scientifiques et coordonne les aspects éducation, information et communication en relation étroite avec un Comité national mis en place par la Mission de l’Information et de la Culture Scientifiques et Techniques du Ministère délégué à l’enseignement supérieur et à la recherche.

logo_api_medium

Organisation Internationale

L’API 2007-2008 est une initiative du Conseil International pour la Science (ICSU) et de l’ Organisation Mondiale de la Météorologie (WMO).
On distingue :

  • Un Comité de coordination comprenant 12 membres nommés par l’ICSU et le WMO et 3 personnes représentant le Scientific Committee on Antarctic Research (SCAR), l’International Arctic Science Committee (IASC) et l’Intergovernmental Oceanographic Commission (IOC).
  • Un bureau des programmes en charge de la coordination des programmes scientifiques.
  • Un comité d’organisation pour les aspects éducation, information et communication.

bandeau_ipy_medium

Grands Thèmes de recherches

La participation des équipes scientifiques de plus de 60 nations s’organise autour de 6 thèmes de recherche définis au niveau international

  • Thème 1 - Prendre le pouls des régions polaires : évolution du climat, de l’environnement et des écosystèmes dans les régions polaires (incluant les océans sous les hautes latitudes).
  • Thème 2 Quantifier et comprendre les changements environnementaux et humains, passés et actuels, afin d’améliorer nos prévisions pour le futur.
  • Thème 3 - Faire progresser notre compréhension des liens entre les régions polaires et le reste de la planète, à plusieurs échelles, et des processus contrôlant ces interactions.

manchots_adelie_medium

  • Thème 4 - Étudier l’inconnu aux frontières de la science dans les régions polaires : Organisation et structure de la biodiversité polaire, marine et terrestre, à tous les niveaux trophiques, diversité génétique et diversité fonctionnelle dans les environnements extrêmes, composition et morphologie des fonds marins et de la croûte terrestre dans les régions couvertes de glaces.
  • Thème 5 - S’appuyer sur la position géographique unique des régions polaires pour mettre en place ou développer des observatoires explorant la Terre profonde, le magnétisme terrestre, l’espace et les relations du Soleil avec l’environnement terrestre.
  • Thème 6 - Étudier les processus culturels, historiques et sociaux permettant la résilience et le maintien des sociétés humaines arctiques et identifier la spécificité de leur contribution à une diversité culturelle globale.

1957-2007

50 années d’études qui ont bouleversé la manière d’appréhender les régions polaires

Après la dernière année polaire internationale les recherches se sont intensifiées avec des moyens et des technologies en constante évolution. La communauté scientifique s’est organisée au niveau des nations avec la création d’instituts ou d’organismes spécialisés et au niveau international avec la mise en place d’organisations non gouvernementales comme le SCAR (Comité scientifique pour la recherche antarctique) ou l’IASC (Comité arctique international de la science).

Avec la révolution électronique et informatique, l’utilisation de nouveaux moyens d’investigation (satellites, radar, Lidar, GPS…), de méthodes d’analyse sophistiquées (spectromètre, géochimie isotopique, géochronologie, biologie moléculaire…), de moyens de prélèvement performants (forages glaciaires et carottages sédimentaires) les avancées ont été considérables.

Ces découvertes ont transformé la manière de percevoir les régions polaires qui de terrain d’exploration sont devenues des espaces de recherches aux enjeux planétaires.

Quelques exemples de recherches, de découvertes et de réalisations qui ont marqué ces dernières années:

  • Les forages glaciaires profonds en Arctique (GRIP) ou en Antarctique (VOSTOK, EPICA) montrent une corrélation étroite entre changements climatiques et gaz à effet de serre dont la teneur n’a jamais été aussi élevée depuis 650.000 ans.
  • 1985, découverte du trou dans la couche d’ozone.de la basse stratosphère. Dès la fin des années 1980 la preuve est faite que cet appauvrissement saisonnier est lié à la présence de chlorofluorocarbones. La découverte du rôle de ces composés chimiques comme les traces de métaux lourds d’origine industrielle dans les glaces polaires, démontrent clairement que nous sommes dans un système global et qu’aucune région n’est à l’abri des perturbations d’origine anthropique.
  • 1996, découverte de l’immense lac sous glaciaire de Vostok. Depuis, études géophysiques et données satellitaires, ont révélé sous l’inlandsis antarctique l’existence de plus de 145 lacs pour lesquels se pose la question de l’existence ou pas, de formes de vie primitives.
  • Les images satellites et les observations de terrain montrent que la banquise arctique diminue rapidement avec une réduction de 15% de sa surface et de plus de 40% de son épaisseur depuis 1978.
  • Les supercalculateurs rendent possible la modélisation du climat et l’élaboration de scénarios d’avenir qui permettent de prédire l’évolution de la température pour les décennies à venir.
  • Mise en évidence dans le permafrost de grandes quantités d’ hydrates de gaz qu’un dégel pourrait libérer avec pour conséquence une très importante augmentation des gaz à effet de serre.
  • Les eaux froides de l’océan austral, riches en phytoplancton, jouent le rôle de « Puits de CO2 «  et participent à la régulation de la teneur en gaz à effet de serre de l’atmosphère terrestre
  • En gelant et en dégelant, les océans polaires contribuent aux grands courants océaniques qui ont un impact sur le climat des différents continents, mais aussi sur le cycle du carbone dans les océans et donc sur la chaîne alimentaire.
  • L’étude des écosystèmes polaires révèle des formes remarquables d’ adaptation aux conditions extrêmes et une biomasse considérable sans équivalent au monde

2005, premier hivernage à la station franco-italienne Concordia qui au cœur du continent, à près de 3.000 m d’altitude, ouvre de grandes perspectives notamment dans le domaine de l’astronomie.
la_base_franco_italienne_concordia_au_c_ur_de_l_antarctique_fullipev

Historique

Les Années Polaires internationales : des étapes marquantes dans l’histoire des connaissances

A l’origine de l’idée d’Année polaire internationale on trouve un premier effort de coopération internationale en 1874-1875 pour observer la planète Vénus lors de sa traversée du plan méridien. C’est l’année du  » Passage de Vénus « . A cette occasion la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis installent 8 observatoires dans les régions subantarctiques. C’est le succès de cette campagne qui impose l’idée d’une coopération internationale pour coordonner les recherches en Arctique et en Antarctique.

  • Lors de la première Année polaire internationale 1882-1883, 12 pays rassemblèrent donc leurs forces pour organiser cette année-là 13 expéditions en Arctique et 2 dans le Subantarctique. Les études portaient essentiellement sur le climat et le champ magnétique terrestre mais elles concernaient aussi l’astronomie, la zoologie, la botanique et l’ethnologie. Devant le succès de cette coopération, le Congrès international de physique (Londres 1895) décide d’organiser une Année polaire tous les 50 ans.
  • La deuxième API fut initiée par l’Organisation Mondiale de la Météorologie en 1932-1933 pour étudier spécifiquement les implications, au niveau mondial, des Jet Stream, récemment découverts. 40 nations s’impliquent dans les différentes campagnes et des avancées significatives sont obtenues dans les domaines de la météorologie, du magnétisme et de la compréhension des phénomènes ionosphériques qui perturbent les communications radios. Comme pour la première API les études concernaient essentiellement l’Arctique et le sub Antarctique.
  • Enfin, en 1957-1958, la troisième API se fit dans le cadre de l’Année Géophysique Internationale (AGI). Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les scientifiques souhaitaient appliquer rapidement les avancées technologiques récentes (fusées, radars…) notamment aux recherches sur la haute atmosphère. La 3ème API fut donc organisée en période d’activité solaire maximum, 25 ans seulement après la seconde. Cette fois, l’Antarctique y eut une place importante.

En fait, l’AGI fut l’occasion d’un effort sans précédent à l’échelle mondiale pour l’étude de notre planète. 61 nations participèrent aux différentes campagnes, des dizaines de navires, des milliers d’hommes, des avions sont mobilisés. Les pays coopérèrent étroitement et échangèrent leurs données scientifiques. Les décennies de recherche qui ont suivi reposent à l’évidence sur la dynamique initiée au cours de cette année. Ce fut par exemple la confirmation de la théorie très discutée de la dérive des continents, le début des mesures de CO2 , ou encore le début de la conquête spatiale avec le lancement des premiers satellites.

La recherche polaire a véritablement pris son essor à partir de cette époque. Douze nations établissent plus de cinquante observatoires sur le continent antarctique dont Amundsen-Scott (USA), Vostok (URSS) et pour la France, en Terre Adélie, Dumont d’Urville sur la côte et Jean Charcot 320 km à l’intérieur du continent. Les résultats obtenus conduisent aux premières estimations de l’épaisseur de la calotte polaire et à de nombreuses découvertes en glaciologie, climatologie et biologie.

Cet effort a été à l’origine de la signature du Traité de l’Antarctique en 1961, puis de l’adhésion au Protocole de Madrid pour la protection de cet environnement exceptionnel en 1991.

Pourquoi les pôles ?

L’évolution récente des connaissances et les questions de société essentielles que posent à l’humanité l’évolution du climat ou la protection de la biodiversité, donnent aujourd’hui aux recherches dans les régions polaires un relief tout particulier.

Les inlandsis groenlandais et antarctique qui protègent la planète de changements climatiques trop rapides, représentent 80% des ressources mondiales en eau douce.
En gelant et en dégelant, les océans polaires contribuent aux grands courants océaniques qui contrôlent l’ensemble du climat mondial, mais aussi le cycle du carbone dans les océans et donc la chaîne alimentaire.

Les régions polaires sont des témoins privilégiés des évolutions environnementales et climatiques à l’échelle de la planète. La découverte du trou d’ozone en 1980, conséquence de l’utilisation essentiellement dans les pays de l’hémisphère nord, de substances nocives pour la couche d’ozone tels les CFC (ChloroFluoroCarbones), a été en cela un révélateur : des transformations de l’atmosphère dangereuses pour l’humanité se trouvaient amplifiées au niveau des pôles et plus particulièrement de l’Antarctique.

De même, des changements climatiques majeurs pourraient entraîner des variations d’épaisseur de la calotte glaciaire avec des répercussions planétaires sur le niveau des océans.

Dès aujourd’hui, la réduction de la banquise arctique a des conséquences environnementales, sociologiques et géopolitiques importantes. À la fois témoin et acteur du climat et de son évolution, les régions polaires appellent un effort de recherche pluridisciplinaire important. Tous les scientifiques s’accordent pour penser que c’est dans les régions polaires que les changements climatiques seront les plus rapides.

Dans le débat sur le lien entre le réchauffement climatique actuel et l’augmentation des gaz à effet de serre liés aux activités humaines et notamment à l’usage des combustibles fossiles, l’étude des glaces polaires amène des éléments d’analyse importants. En effet, en forant à grande profondeur la calotte glaciaire et en étudiant ainsi des glaces de plus en plus anciennes, il est possible de reconstituer les climats du passé.

Les résultats obtenus montrent sans ambiguïté une corrélation entre évolution du climat et teneur en gaz à effet de serre. Or les concentrations de ces gaz dans l’atmosphère actuelle sont très supérieures, près de 25% pour le gaz carbonique, aux valeurs déduites de l’étude des carottes de glace des 650.000 dernières années.

Tout savoir sur l’api

Un effort international majeur pour mieux connaître notre planète

2007-2008 marquera le 125ème anniversaire de la première Année Polaire Internationale (API), le 75ème anniversaire de la deuxième API et le cinquantenaire de la 3ème API qui, les recherches concernant essentiellement la géophysique, fut appelée Année Géophysique Internationale (AGI).

Les résultats obtenus en 1957-1958 ont marqué une étape fondamentale dans l’histoire des connaissances. Ils sont à la base des recherches actuelles sur le climat ou sur la structure interne de notre planète.

En rassemblant 50 ans après, la communauté scientifique internationale autour de programmes ambitieux, coordonnés au niveau international, l’objectif du WMO et de l’ICSU est de permettre une avancée importante des connaissances sur les régions polaires, car c’est là que se trouvent une partie des réponses aux questions que l’ensemble de la planète se pose sur l’évolution de son environnement.

Travailler dans les régions polaires nécessite une logistique spécifique et des infrastructures lourdes coordonnées en France par l’Institut polaire français Paul Emile Victor. La mise en commun des moyens nationaux permet d’organiser des campagnes de grande envergure et de dresser un véritable état des lieux dans des domaines en évolution rapide

Ces campagnes se dérouleront tant dans l’hémisphère nord que dans l’hémisphère sud et participeront à démontrer le rôle moteur que jouent les régions polaires vis-à-vis du reste de la planète. Toutes les disciplines sont concernées, des sciences humaines et sociales aux sciences biologiques et aux sciences de l’Univers.

Parallèlement à ces programmes de recherche, l’API offre l’opportunité de développer un dialogue direct entre les scientifiques et le public autour de problématiques qui concernent le futur de nos sociétés et d’intéresser les jeunes aux études scientifiques. Pour cela, un effort d’information et de sensibilisation du public à l’importance des recherches dans les régions polaires sera conduit durant ces 2 années.

La recherche française et l’API

À partir des 1.100 projets de recherche initialement reçus, 210 programmes internationaux ont progressivement vu le jour sous l’égide du bureau des programmes de l’API. Ces programmes vont mobiliser près de 50.000 personnes originaires de plus de 60 nations.

Parmi ces programmes plus d’une cinquantaine sont à participation française et 8 d’entre eux ont un responsable ou un co-responsable français :

  • Madeleine GRISELIN, programme Hydro-sensor-FLOWS
  • Jean-Claude GASCARD, programme Damoclès
  • Yves FRENOT, programme Concordia
  • Guillaume RAMILLIEN, programme Antarctica & Greenland mass balance by GRACE satellite gravimetry
  • Yvon Le MAHO, programme Circumpolar Population Monitoring
  • Éric FOSSAT, programme Stella Antartica
  • Kathy LAW, programme POLARCAT
  • Claude BACHELARD, programme TTAAPP-IPY 2007-08

Cette implication française dans près d’un quart des projets internationaux témoigne de la vitalité de la recherche polaire dans notre pays.

Les équipes de recherche françaises impliquées sont au nombre de 70. Elles dépendent des principaux établissements de recherche et d’enseignement supérieur au premier rang desquels le CNRS, associé aux Universités ou à des établissements comme le CEA, le CNES, l’Ifremer, Météo France, le Muséum National d’Histoire Naturelle, l’IRD. La participation française s’appuie en particulier sur les accords-cadres déjà passés entre l’Institut polaire français Paul-Emile Victor et ses partenaires étrangers et les moyens dont dispose la France à l’heure actuelle.

  • Les stations de terrain en Antarctique (Concordia, Dumont d’Urville)
  • Les stations de terrains dans les îles subantarctiques (Crozet, Kerguelen, Amsterdam)
  • Les stations de terrain au Svalbard (Rabot et Corbel)
  • Les moyens à la mer (Marion Dufresne II, Astrolabe)
  • Les moyens de traversées terrestres en Antarctique
  • Les parcs instrumentaux et les moyens aériens de l’INSU

Aux programmes intégrés à l’API, il faut rajouter ceux soutenus par l’IPEV dans le cadre de son appel à projet annuel.

Organisation Française

Un comité français pour l’année polaire internationale a été mis en place sous l’égide de l’ Académie des Sciences. Il est présidé par Claude Lorius.

L’expertise des projets est prise en charge par le Conseil des Programmes Scientifiques et Technologiques (CPST) de l’Institut polaire français Paul Emile Victor (IPEV), qui possède en son sein plusieurs experts internationaux.

Base Dumont d'Urville (c) K.Pierre - IPEV

L’IPEV assure le suivi des projets scientifiques et coordonne les aspects éducation, information et communication en relation étroite avec un Comité national mis en place par la Mission de l’Information et de la Culture Scientifiques et Techniques du Ministère délégué à l’enseignement supérieur et à la recherche.

logo_api_medium

Organisation Internationale

L’API 2007-2008 est une initiative du Conseil International pour la Science (ICSU) et de l’ Organisation Mondiale de la Météorologie (WMO).
On distingue :

  • Un Comité de coordination comprenant 12 membres nommés par l’ICSU et le WMO et 3 personnes représentant le Scientific Committee on Antarctic Research (SCAR), l’International Arctic Science Committee (IASC) et l’Intergovernmental Oceanographic Commission (IOC).
  • Un bureau des programmes en charge de la coordination des programmes scientifiques.
  • Un comité d’organisation pour les aspects éducation, information et communication.

bandeau_ipy_medium

Grands Thèmes de recherches

La participation des équipes scientifiques de plus de 60 nations s’organise autour de 6 thèmes de recherche définis au niveau international

  • Thème 1 - Prendre le pouls des régions polaires : évolution du climat, de l’environnement et des écosystèmes dans les régions polaires (incluant les océans sous les hautes latitudes).
  • Thème 2 Quantifier et comprendre les changements environnementaux et humains, passés et actuels, afin d’améliorer nos prévisions pour le futur.
  • Thème 3 - Faire progresser notre compréhension des liens entre les régions polaires et le reste de la planète, à plusieurs échelles, et des processus contrôlant ces interactions.

manchots_adelie_medium

  • Thème 4 - Étudier l’inconnu aux frontières de la science dans les régions polaires : Organisation et structure de la biodiversité polaire, marine et terrestre, à tous les niveaux trophiques, diversité génétique et diversité fonctionnelle dans les environnements extrêmes, composition et morphologie des fonds marins et de la croûte terrestre dans les régions couvertes de glaces.
  • Thème 5 - S’appuyer sur la position géographique unique des régions polaires pour mettre en place ou développer des observatoires explorant la Terre profonde, le magnétisme terrestre, l’espace et les relations du Soleil avec l’environnement terrestre.
  • Thème 6 - Étudier les processus culturels, historiques et sociaux permettant la résilience et le maintien des sociétés humaines arctiques et identifier la spécificité de leur contribution à une diversité culturelle globale.

1957-2007

50 années d’études qui ont bouleversé la manière d’appréhender les régions polaires

Après la dernière année polaire internationale les recherches se sont intensifiées avec des moyens et des technologies en constante évolution. La communauté scientifique s’est organisée au niveau des nations avec la création d’instituts ou d’organismes spécialisés et au niveau international avec la mise en place d’organisations non gouvernementales comme le SCAR (Comité scientifique pour la recherche antarctique) ou l’IASC (Comité arctique international de la science).

Avec la révolution électronique et informatique, l’utilisation de nouveaux moyens d’investigation (satellites, radar, Lidar, GPS…), de méthodes d’analyse sophistiquées (spectromètre, géochimie isotopique, géochronologie, biologie moléculaire…), de moyens de prélèvement performants (forages glaciaires et carottages sédimentaires) les avancées ont été considérables.

Ces découvertes ont transformé la manière de percevoir les régions polaires qui de terrain d’exploration sont devenues des espaces de recherches aux enjeux planétaires.

Quelques exemples de recherches, de découvertes et de réalisations qui ont marqué ces dernières années:

  • Les forages glaciaires profonds en Arctique (GRIP) ou en Antarctique (VOSTOK, EPICA) montrent une corrélation étroite entre changements climatiques et gaz à effet de serre dont la teneur n’a jamais été aussi élevée depuis 650.000 ans.
  • 1985, découverte du trou dans la couche d’ozone.de la basse stratosphère. Dès la fin des années 1980 la preuve est faite que cet appauvrissement saisonnier est lié à la présence de chlorofluorocarbones. La découverte du rôle de ces composés chimiques comme les traces de métaux lourds d’origine industrielle dans les glaces polaires, démontrent clairement que nous sommes dans un système global et qu’aucune région n’est à l’abri des perturbations d’origine anthropique.
  • 1996, découverte de l’immense lac sous glaciaire de Vostok. Depuis, études géophysiques et données satellitaires, ont révélé sous l’inlandsis antarctique l’existence de plus de 145 lacs pour lesquels se pose la question de l’existence ou pas, de formes de vie primitives.
  • Les images satellites et les observations de terrain montrent que la banquise arctique diminue rapidement avec une réduction de 15% de sa surface et de plus de 40% de son épaisseur depuis 1978.
  • Les supercalculateurs rendent possible la modélisation du climat et l’élaboration de scénarios d’avenir qui permettent de prédire l’évolution de la température pour les décennies à venir.
  • Mise en évidence dans le permafrost de grandes quantités d’ hydrates de gaz qu’un dégel pourrait libérer avec pour conséquence une très importante augmentation des gaz à effet de serre.
  • Les eaux froides de l’océan austral, riches en phytoplancton, jouent le rôle de « Puits de CO2 «  et participent à la régulation de la teneur en gaz à effet de serre de l’atmosphère terrestre
  • En gelant et en dégelant, les océans polaires contribuent aux grands courants océaniques qui ont un impact sur le climat des différents continents, mais aussi sur le cycle du carbone dans les océans et donc sur la chaîne alimentaire.
  • L’étude des écosystèmes polaires révèle des formes remarquables d’ adaptation aux conditions extrêmes et une biomasse considérable sans équivalent au monde

2005, premier hivernage à la station franco-italienne Concordia qui au cœur du continent, à près de 3.000 m d’altitude, ouvre de grandes perspectives notamment dans le domaine de l’astronomie.
la_base_franco_italienne_concordia_au_c_ur_de_l_antarctique_fullipev

Historique

Les Années Polaires internationales : des étapes marquantes dans l’histoire des connaissances

A l’origine de l’idée d’Année polaire internationale on trouve un premier effort de coopération internationale en 1874-1875 pour observer la planète Vénus lors de sa traversée du plan méridien. C’est l’année du  » Passage de Vénus « . A cette occasion la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis installent 8 observatoires dans les régions subantarctiques. C’est le succès de cette campagne qui impose l’idée d’une coopération internationale pour coordonner les recherches en Arctique et en Antarctique.

  • Lors de la première Année polaire internationale 1882-1883, 12 pays rassemblèrent donc leurs forces pour organiser cette année-là 13 expéditions en Arctique et 2 dans le Subantarctique. Les études portaient essentiellement sur le climat et le champ magnétique terrestre mais elles concernaient aussi l’astronomie, la zoologie, la botanique et l’ethnologie. Devant le succès de cette coopération, le Congrès international de physique (Londres 1895) décide d’organiser une Année polaire tous les 50 ans.
  • La deuxième API fut initiée par l’Organisation Mondiale de la Météorologie en 1932-1933 pour étudier spécifiquement les implications, au niveau mondial, des Jet Stream, récemment découverts. 40 nations s’impliquent dans les différentes campagnes et des avancées significatives sont obtenues dans les domaines de la météorologie, du magnétisme et de la compréhension des phénomènes ionosphériques qui perturbent les communications radios. Comme pour la première API les études concernaient essentiellement l’Arctique et le sub Antarctique.
  • Enfin, en 1957-1958, la troisième API se fit dans le cadre de l’Année Géophysique Internationale (AGI). Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les scientifiques souhaitaient appliquer rapidement les avancées technologiques récentes (fusées, radars…) notamment aux recherches sur la haute atmosphère. La 3ème API fut donc organisée en période d’activité solaire maximum, 25 ans seulement après la seconde. Cette fois, l’Antarctique y eut une place importante.

En fait, l’AGI fut l’occasion d’un effort sans précédent à l’échelle mondiale pour l’étude de notre planète. 61 nations participèrent aux différentes campagnes, des dizaines de navires, des milliers d’hommes, des avions sont mobilisés. Les pays coopérèrent étroitement et échangèrent leurs données scientifiques. Les décennies de recherche qui ont suivi reposent à l’évidence sur la dynamique initiée au cours de cette année. Ce fut par exemple la confirmation de la théorie très discutée de la dérive des continents, le début des mesures de CO2 , ou encore le début de la conquête spatiale avec le lancement des premiers satellites.

La recherche polaire a véritablement pris son essor à partir de cette époque. Douze nations établissent plus de cinquante observatoires sur le continent antarctique dont Amundsen-Scott (USA), Vostok (URSS) et pour la France, en Terre Adélie, Dumont d’Urville sur la côte et Jean Charcot 320 km à l’intérieur du continent. Les résultats obtenus conduisent aux premières estimations de l’épaisseur de la calotte polaire et à de nombreuses découvertes en glaciologie, climatologie et biologie.

Cet effort a été à l’origine de la signature du Traité de l’Antarctique en 1961, puis de l’adhésion au Protocole de Madrid pour la protection de cet environnement exceptionnel en 1991.

Pourquoi les pôles ?

L’évolution récente des connaissances et les questions de société essentielles que posent à l’humanité l’évolution du climat ou la protection de la biodiversité, donnent aujourd’hui aux recherches dans les régions polaires un relief tout particulier.

Les inlandsis groenlandais et antarctique qui protègent la planète de changements climatiques trop rapides, représentent 80% des ressources mondiales en eau douce.
En gelant et en dégelant, les océans polaires contribuent aux grands courants océaniques qui contrôlent l’ensemble du climat mondial, mais aussi le cycle du carbone dans les océans et donc la chaîne alimentaire.

Les régions polaires sont des témoins privilégiés des évolutions environnementales et climatiques à l’échelle de la planète. La découverte du trou d’ozone en 1980, conséquence de l’utilisation essentiellement dans les pays de l’hémisphère nord, de substances nocives pour la couche d’ozone tels les CFC (ChloroFluoroCarbones), a été en cela un révélateur : des transformations de l’atmosphère dangereuses pour l’humanité se trouvaient amplifiées au niveau des pôles et plus particulièrement de l’Antarctique.

De même, des changements climatiques majeurs pourraient entraîner des variations d’épaisseur de la calotte glaciaire avec des répercussions planétaires sur le niveau des océans.

Dès aujourd’hui, la réduction de la banquise arctique a des conséquences environnementales, sociologiques et géopolitiques importantes. À la fois témoin et acteur du climat et de son évolution, les régions polaires appellent un effort de recherche pluridisciplinaire important. Tous les scientifiques s’accordent pour penser que c’est dans les régions polaires que les changements climatiques seront les plus rapides.

Dans le débat sur le lien entre le réchauffement climatique actuel et l’augmentation des gaz à effet de serre liés aux activités humaines et notamment à l’usage des combustibles fossiles, l’étude des glaces polaires amène des éléments d’analyse importants. En effet, en forant à grande profondeur la calotte glaciaire et en étudiant ainsi des glaces de plus en plus anciennes, il est possible de reconstituer les climats du passé.

Les résultats obtenus montrent sans ambiguïté une corrélation entre évolution du climat et teneur en gaz à effet de serre. Or les concentrations de ces gaz dans l’atmosphère actuelle sont très supérieures, près de 25% pour le gaz carbonique, aux valeurs déduites de l’étude des carottes de glace des 650.000 dernières années.

Tout savoir sur l’api

Un effort international majeur pour mieux connaître notre planète

2007-2008 marquera le 125ème anniversaire de la première Année Polaire Internationale (API), le 75ème anniversaire de la deuxième API et le cinquantenaire de la 3ème API qui, les recherches concernant essentiellement la géophysique, fut appelée Année Géophysique Internationale (AGI).

Les résultats obtenus en 1957-1958 ont marqué une étape fondamentale dans l’histoire des connaissances. Ils sont à la base des recherches actuelles sur le climat ou sur la structure interne de notre planète.

En rassemblant 50 ans après, la communauté scientifique internationale autour de programmes ambitieux, coordonnés au niveau international, l’objectif du WMO et de l’ICSU est de permettre une avancée importante des connaissances sur les régions polaires, car c’est là que se trouvent une partie des réponses aux questions que l’ensemble de la planète se pose sur l’évolution de son environnement.

Travailler dans les régions polaires nécessite une logistique spécifique et des infrastructures lourdes coordonnées en France par l’Institut polaire français Paul Emile Victor. La mise en commun des moyens nationaux permet d’organiser des campagnes de grande envergure et de dresser un véritable état des lieux dans des domaines en évolution rapide

Ces campagnes se dérouleront tant dans l’hémisphère nord que dans l’hémisphère sud et participeront à démontrer le rôle moteur que jouent les régions polaires vis-à-vis du reste de la planète. Toutes les disciplines sont concernées, des sciences humaines et sociales aux sciences biologiques et aux sciences de l’Univers.

Parallèlement à ces programmes de recherche, l’API offre l’opportunité de développer un dialogue direct entre les scientifiques et le public autour de problématiques qui concernent le futur de nos sociétés et d’intéresser les jeunes aux études scientifiques. Pour cela, un effort d’information et de sensibilisation du public à l’importance des recherches dans les régions polaires sera conduit durant ces 2 années.

This is where you can place an amazing quote about your business. We provide the best services anywhere.

From The Blog

La recherche française et l’API

À partir des 1.100 projets de recherche initialement...

Organisation Française

Un comité français pour l’année polaire...

Organisation Internationale

L’API 2007-2008 est une initiative du Conseil...

Read More