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Nouvelles fraîches du Groenland

Publié le : 08/07/2008

Présentation :

Valérie MASSON-DELMOTTE, responsabe du programme IPEV n° 458 NEEM-France, nous parle de la suite des opérations au Groenland. Retrouvez l'intégralité de ses messages sur le Carnet de bord NEEM.

Jeudi 26 juin

Le trajet en C130 depuis Kangerlussuaq jusqu’à NEEM s’est passé comme prévu, rendez-vous à 3h15 du matin pour un départ à 4h40 et 2h30 de vol. La vue aérienne de la côte ouest du Groenland est spectaculaire, avec des milliers de lacs sur les zones libres de glace et également une myriade de lacs de fonte bleutés sur la calotte. Le survol de la baie de Disko révèle le retrait des glaciers qui laisse apparaître des roches érodées.

Le glacier de Jakobshaven dans la baie de Disko. On distingue en bas les icebergs en formation, et sur les bords et au milieu du glacier des roches récemment émergées suite au recul du glacier au cours des dernières années.

Après le déchargement du frêt (dans notre cas, essentiellement le nouveau générateur), 4 passagers débarquent et saluent rapidement les 5 occupants précédents du camp qui retournent à Kangerlussuaq, impatients à l’idée de pouvoir prendre une vraie douche et laver des vêtements légèrement encrassés après 6 semaines à NEEM.

L’accueil des nouveaux arrivants se fait chaleureusement autour d’un petit déjeuner copieux. Chacun se voit attribuer un lit dans l’une des tentes. Je partage celle de Marianne, médecin du camp qui participe à la construction du dôme. Dès l’installation faite, chacun participe aux différentes tâches. Suite au mauvais temps subi depuis le mois de mai, la construction du camp a pris du retard. Côté forage profond, il reste à installer un toit sur la tranchée scientifique pour éviter qu’elle ne se comble rapidement de neige, mettre en place le matériel de forage, de mesure et de découpe des premières carottes. Les opérations de forage, de traitement ou de stockage de la glace se font en sous-sol, afin d’avoir une température la plus froide possible. A NEEM, il neige chaque année l’équivalent de 23 à 24 cm d’eau et la température moyenne annuelle est de l’ordre de -28°C.

Vue du camp NEEM depuis le C-130. On distingue de gauche à droite la tente dôme rouge cuisine, une tente dôme d’habitation rouge, le dôme noir en cours de construction, puis, à droite, une tente d’habitation.

Du côté du dôme, la principale difficulté est de fixer les panneaux de bois sur les montants en métal, par l’extérieur, suspendus à des harnais d’escalade.

Vue de l’intérieur de notre tente.

Je réapprends à conduire un skidoo, puis à conduire une machine à souffler la neige afin d’aplanir les bords de la tranchée scientifique, pour pouvoir installer les madriers qui supporteront le toit. En relais avec Dorthe, nous y passerons toute la journée. Inutile de dire qu’à 21h tout le monde ou presque tombe de sommeil.

Vendredi 27 juin

La journée a encore été consacrée à l’installation du toit de la tranchée scientifique. Les bords ont été aplanis par une dizaine de personnes armées de pelles. Ensuite, des traverses ont été posées puis des madriers d’une centaine de kilos ont été vissés sur les traverses, et enfin des plaques de contre-plaqué ont été clouées sur les traverses. C’est agréable de voir le travail progresser, et à la fin de la journée le premier tiers de la tranchée est posé. Nous avons utilisé plusieurs centaines de longs clous, à tel point qu’un marteau a été brisé.

Vue de la tranchée scientifique avant la pose du toit : il faut aplanir les bords, à la souffleuse à neige puis à la pelle…

En milieu de journée, nous avons aperçu plusieurs oiseaux qui volaient autour du camp (sortes de goélands), puis nous avons eu la surprise de voir arriver deux skieurs finnois qui ont traversé l’ensemble de la calotte du Groenland, depuis Narsassuaq au sud. Partis depuis la mi-avril, ils espèrent rallier Qanaaq au nord-ouest d’ici une vingtaine de jours. Ils se joignent avec plaisir à notre repas mais repartent dès le lendemain, avec du ravitaillement.

Des visiteurs imprévus : deux skieurs finnois qui tentent le record de distance sur ski au Groenland, avec une traversée nord-sud. Impressionnants !

Samedi 28 juin

La construction du toit de la tranchée scientifique se poursuit à un rythme régulier, et à la fin de la journée de travail, vers 17h30, le plus gros du travail est fait, y compris la pose d’un madrier en travers du passage entre la tranchée scientifique et la tranchée de forage.

Vue du toit de la tranché scientifique.

Le soir, nous avons la chance de pouvoir prendre la douche hebdomadaire. L’installation est sommaire, avec une tente dans un coin du garage-atelier, un matelas gonflable posé sur la neige, et un bidon qui permet de faire fondre la neige. Les 4 femmes du camp ont le luxe de prendre leur douche en premier, avec une température de l’air autour de 0°C et une température de l’eau autour de 10°C… Comme dans le camp de NorthGRIP, le samedi soir est un jour particulier : chacun doit porter une tenue « de soirée » (cravate obligatoire pour les hommes, robe pour les femmes). Ce soir, c’est Mark Curran (de l’Antarctic Division, Hobart, Tasmania) qui a cuisiné un plat de curry particulièrement vitalisant. Si tous les repas de midi et du soir sont pris en commun, celui du samedi soir est un bon moment partagé et les rires résonnent sous le soleil de minuit.

Dimanche 29 juin

Le dimanche matin, chacun démarre à son propre rythme : pas de week-end, mais une journée de travail plus courte le samedi et un dimanche matin tranquille. Aujourd’hui, plusieurs équipes sont constituées : les foreurs, qui récupèrent et mettent en place le matériel expédié précédemment ; l’équipe de construction du dôme, qui continue à visser les panneaux sur la structure métallique ; enfin, l’équipe de construction du toit de la tranchée scientifique. Ouf, elle est enfin couverte en fin d’après midi ! Une bonne séance de cogitation est consacrée à la petite tranchée latérale qui relie les deux tranchées principales, et dont une bonne partie de neige doit être évacuée. Enfin, nous terminons de boucher les trous sur les bords du toit, afin d’éviter que la neige soufflée par le vent ne puisse pénétrer dans la tranchée scientifique. Nous comblons deux des côtés à l’aide de blocs de neige dure, creusés soit à la pelle soit découpés à la tronçonneuse, et le dernier côté est bouché à l’aide d’un engin mécanique (Piston Bully). Demain, une petite équipe finira le toit de la petite tranchée latérale, et le forage devrait démarrer.

Les repas de midi et du soir sont pris en commun dans la tente dôme rouge. Tout est rouge : la tente, les visages (soleil + froid), la nappe en plastique…

Lundi 30 juin

Pendant qu’une première équipe installe les 3 couches d’isolant sur le plancher du dôme, nous installons le carottier « superficiel » et la table de mesure et de découpe des carottes. En fin de journée, nous obtenons la première carotte du forage NEEM.

Mardi 1er juillet

L’équipe « dôme » passe encore toute la journée à finir le plancher du dôme. En parallèle, le forage se poursuit, avec un rythme d’environ 30 passes par jour. Pour cette première journée de forage, les carottes extraites du carottier ont une taille moyenne de 122 cm. En attendant l’installation des différents instruments de la tranchée scientifique, les carottes sont simplement mesurées, et découpées en segments de 55 cm. Elles sont ensuite stockées sous gaines plastiques numérotées. La température de la tranchée de forage est de l’ordre de -16°C le matin et -14°C l’après midi. Le forage a démarré au fond de la tranchée, 7,28 mètres sous la surface. Nous utilisons la balance de la cuisinière pour estimer grossièrement la densité des carottes, et suivre la compaction de la neige en glace. En fin de journée, nous avons obtenu 30 mètres de carottes. En fin de journée, le plancher du dôme est terminé. La fatigue se fait sentir, et à 22h la tente cuisine est vide…

L’emballage des carottes

Mercredi 2 juillet

Dans une semaine, la population du camp va doubler, avec de nombreux nouveaux arrivants : il y a urgence à finir la construction du dôme. Aujourd’hui, ce sont 4 grandes fenêtres qui sont posées. A terme, ce dôme devrait être efficace en terme d’isolation et agréable grâce aux différentes ouvertures. De la même manière, la tranchée de forage est éclairée par la lumière du jour grâce à 2 panneaux transparents posés sur le toit. Cela change de la pénombre et des néons des tranchées de NorthGRIP. Côté forage, le rythme s’est un peu ralenti suite d’abord à une panne de générateur puis à la difficulté normale de forer la neige de plus en plus compacte à mesure qu’elle se transforme en glace. En fin de journée, on atteint la profondeur de 80 mètres, avec des bulles bien visibles dans la glace. L’objectif est d’atteindre 110 mètres pour préparer le forage profond, qui aura lieu avec un autre carottier spécifique pour le projet NEEM.

Démarrage du forage avec le carottier « léger » danois.


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